La culture

La plante de lin comporte une tige unique d'environ 80 cm de hauteur et dont la fleur est soit blanche, soit bleue. Le lin est semé mi-mars, et a une durée de végétation de 110 à 120 jours.

Il est arraché fin juin, début juillet et étalé en andains de tiges parallèles sur le champ pour que l'opération de rouissage puisse s'effectuer. Il s'agit en fait de l'action de champignon qui, en dissolvant les pectines, "libèrent" la fibre. Ce processus se met en oeuvre naturellement grâce à l'alternance de la pluie et du soleil. Sa durée est variable, allant de 3 semaines à 3 mois, en fonction de la pluviométrie. Le lin est régulièrement retourné pour un bon développement du rouissage.

Il est ensuite procédé au ramassage-pressage en grosses balles, par enroulage. Un lin récolté à un taux d'humidité correct (<15 %) peut se conserver très longtemps sans se dégrader.

 

Le teillage

 

La première transformation, de caractère agricole, est l'extraction de la fibre par l'opération de teillage. Elle consiste à préparer une nappe de fibres parallèles bien régulières, d'égrener, de broyer la tige afin de séparer la fibre des "anas". Durant cette opération, il est récupéré des étoupes de teillage qui serviront à la filature au sec pour réaliser des fils destinés à la corderie ou à l'ameublement.

 

 

 

Le lin teillé, partie noble de la récolte, est trié manuellement et enroulé en nappes ou mis en poignées de 0,5 à 1Kg, pressées ensuite en balles de 100 kgs.

La filature

La filature du lin peut se subdiviser en :

  • Filature de lin "peigné" : la matière utilisée est constituée par les longs brins du lin,
  • Filature des "étoupes" : la matière utilisée est constituée par les fibres les plus courtes provenant du peignage ou du teillage.

La filature de lin peigné et la filature des étoupes se font soit au mouillé, soit au sec.

 
Filature de lin peigné

Le lin est livré à la filature sous forme de filasses "long brin",obtenues après teillage. La filasse subit les opérations suivantes : peignage, étirage, filage.

 

  • Peignage : cette opération consiste à peigner les poignées de lin, puis à les aligner pour obtenir un ruban continu destiné à l'alimentation des étirages : chaque poignée de lin peigné recouvre la précédente sur environ 1/3 de sa longueur, ce qui permet de créer le ruban. Les déchets formés sont récupérés (étoupe de peignage) et utilisés en filature au sec.
  • Etirage : Le ruban va subir une série de doublages et d'étirages (homogénéisation et affinage de la fibre et du ruban). Les rubans sont mélangés de nombreuses fois. La "norme" est de 12 000 doublages pour obtenir un ruban homogène.
  • Filature au mouillé : avant d'alimenter le continu à filer, la mèche de fibres subit un traitement de dissociation (soude caustique pour l'élimination des cires et des pectines) pour faciliter le passage sur continu à filer. Ce traitement peut être couplé à un blanchiment à l'eau oxygénée.

En fonction du traitement subi, cela conduira respectivement au fil de lin mouillé "écru" ou  "blanchi mèche" (environ 1/8e blanc).
Les mèches ainsi traitées sont placées directement sur le râtelier du continu à filer. Le passage dans l'eau froide de la mèche, avant le train d'étirage, facilite le travail de celui-ci.
Le fil sera ensuite séché et bobiné sur cône, tout en étant épuré électroniquement.

 

Filature des étoupes

Les étoupes proviennent du teillage ou du peignage. Les étoupes de peignage sont les plus appréciées parce qu'elles sont en général plus longues, plus propres et plus fines.
Les étoupes subiront les opérations de cardage, peignage, étirage, filage.
La filature des étoupes pourra se faire au "mouillé", de la même manière que pour le long brin, ou au "sec" ou "semi-mouillé". Pour cette dernière, un rouleau lécheur humectera le fil pour le rendre plus lisse et moins pileux. Le fil sera ensuite bobiné et épuré.

 

Un processus écologique...
 

Le lin est un produit naturel et la culture du lin est une culture renouvelable : elle n'épuise pas les richesses naturelles, comme c'est le cas par exemple pour les fibres synthétiques.
La culture n'exige pas d'engrais chimique. La plante de lin ne tolère que des quantités limitées d'azote, du fait que celui-ci stimule la croissance et que lorsque la croissance est trop rapide, les fibres sont de mauvaise qualité.

De plus, les agriculteurs qui cultivent le lin sur la zone littorale du Nord de l'Europe (là où safilin s'approvisionne) n'utilisent généralement pas de pesticides, car le lin n'en a pas besoin. C'est la grande différence avec la culture du coton, qui utilise25 % de tous les pesticides produits dans le monde ! Finalement, le coton est un des plus gros pollueurs de la planète et le lin une des seules fibres réellement écologiques.

Le rouissage est le procédé qui permet de séparer les faisceaux de fibres de la plante. Ce rouissage s'effectue de manière totalement naturelle : les micro-organismes (champignons et bactéries) naturellement présents produisent une décomposition progressive des ciments et libèrent les fibres.

Pratiquement toutes les parties de la plante de lin sont exploitées, et aucun déchet n'est produit. La production des fibres génère en effet des produits dérivés, utilisés dans un grand nombre d'applications, notamment l'huile de lin (entrant dans la fabrication de la peinture à l'huile, des savons, des encres d'imprimerie, des cosmétiques naturels), les anas (utilisés dans les panneaux de lin ou comme carburant), les fibres courtes non filables (pour la production de papier haut de gamme).

Les fibres de lin produites en Europe sont reconnues comme étant les meilleures du monde.

 

Le lin : biodégradable, recyclable ...

Produit naturel, la fibre de lin est totalement biodégradable.

Le lin est, par nature, LA fibre du développement durable !

 

 

(Extrait du " lin, aspect technique de la production ". Masters of linen)